L’histoire de ma FIV

J’ai tellement de choses à dire que je ne sais pas par quoi commencer. La logique voudrait que je démarre par une présentation mais je vais plutôt expliquer pourquoi j’écris.

En fait, j’écris depuis plus d’un an sur notre parcours en PMA, mes ressentis, mes émotions, les différentes étapes. Et écrire me soulage un peu. J’écris parce que j’ai beaucoup trop de choses sur le cœur et pas assez de personnes à qui les partager. Certes, je suis bien entourée mais ce sujet n’a rien de passionnant pour la plupart des gens et n’est pas toujours facile. Et je ne veux pas trop embêter mon entourage avec mes soucis et états d’âme.  Et donc je les confie à mon carnet qui est toujours disponible pour moi. Ce que j’écrivais jusqu’à présent a toujours été privé et même mon mari ne m’a jamais lue.

Mais pourquoi écrire de manière publique à présent ? Parce que depuis le début, j’ai bien sûr lu des témoignages, suivi des comptes instagram et ainsi suivi l’histoire de nombreux autres couples. Puis un jour, j’ai vu cette story qui demandait des témoignages. Et pendant plusieurs jours, l’idée m’a titillée. Puis je me suis dit que j’avais envie de me lancer, de partager également mon histoire afin d’aider éventuellement d’autres personnes qui me liraient. Car très souvent, dans cette bataille pour la vie, je me sens seule. Terriblement seule, puis quand je lis toutes ces histoires, je me dis qu’on est beaucoup dans le même bateau. Et donc j’aimerais que d’autres se sentent moins seules. 

Maintenant que vous savez le pourquoi de ces écrits, je peux donc revenir au début et vous parler un peu plus de qui je suis. Je m’appelle Julie et j’ai 30 ans. Je suis mariée depuis 2 ans. 

Très jeune, j’ai toujours été attirée par les bébés. Et donc adolescente, je prenais un plaisir fou à garder mes cousins et m’occuper d’eux. Je me suis toujours imaginée maman. Pour moi, c’était une évidence et je souhaitais ne pas avoir mes enfants trop tard après le début de ma vie professionnelle. J’ai fait cette « grave erreur » étant adolescente d’imaginer le timing de ma vie future (mariée à 27 ans, maman à 28 puis à nouveau à 30…Hum)…Je ne savais pas encore à l’époque qu’il y a beaucoup de choses que l’on ne décide pas. 

Lorsque j’ai rencontré mon mari, je venais de commencer à travailler et j’avais 24 ans. Assez rapidement, nous avons parlé « enfant » et nous étions sur la même longueur d’ondes pour ne pas les avoir trop tard. Cet élément était tellement important pour moi ! Et je souhaitais être dans les premières de mes copines à être maman. Après 2 ans de vie commune, nous nous sommes fiancés et avons décidé au même moment d’avoir un enfant. Quelle drôle de phrase quand j’y repense…Comme si « on décidait d’avoir un enfant »….J’ai juste décidé d’arrêter la pilule. Le reste, c’est la nature qui le décide pour nous.

Nous avons fixé le mariage à 2 ans après les fiançailles : ça nous laissait bien le temps d’avoir un bébé et de préparer le mariage. (Et que je perde mes kilos de grossesse pour rentrer dans une belle robe). De naturel très optimiste, je me voyais enceinte dès le 1er mois. J’étais tellement impatiente. J’avais déjà tout calculé dans ma tête.  Puis les mois ont passé et bébé n’est pas arrivé. J’étais à chaque fois déçue et je ne comprenais pas très bien. Au bout de quelques mois, ma gynécologue m’a conseillé les tests d’ovulation pour s’assurer que j’ovulais tous les mois et on a également contrôlé avec prise de sang. Rien à signaler. Soyons juste patients. Puis au bout de quasi un an d’essais, on a fait une pause. Je ne souhaitais pas être enceinte au mariage ni que notre bébé soit trop petit pour le jour J. Et donc très tristement, on a mis les essais en pause. C’est à ce moment-là, juste après l’arrivée de mes règles qui signifiaient un énième échec, que ma sœur m’a annoncé sa grossesse survenue dès le premier mois d’essais. Une infinie tristesse m’a envahie ainsi que ce genre de pensées : « je suis l’aînée, ça devait être moi d’abord », « mes parents aimeront moins mes enfants parce qu’il y en aura eu d’autres avant », etc. Bref, un très gros coup dur à passer. 

La gynécologue à ce moment-là a conseillé un spermogramme à mon mari. Le RDV avec l’urologue était dans trop longtemps pour notre patience. On a donc opté pour un RDV plus tôt avec un autre médecin. Hum pas bonne idée…En effet, cette urologue nous a dit qu’il n’y avait pas de soucis. « Prenez quelques vitamines monsieur et ça ira mieux ». De quoi rebooster mon optimisme et mon positivisme.

Mais heureusement les joies des préparatifs de mariage ont maintenu mon moral à un bon niveau. J’avais un autre projet sur lequel me focaliser. Je n’avais aucune crainte que ça fonctionne dès qu’on reprendrait les essais après le mariage. Celui-ci passé ainsi que le voyage de noces, me voilà de retour à compter les jours et à planifier les bons créneaux de câlin…Au revoir le naturel dans l’intimité. 

Au bout de 3 mois d’essais à nouveau infructueux, ma gynécologue nous conseille d’aller voir sa collègue spécialisée en infertilité. Et là, c’est quand même un petit choc de voir un « spécialiste » mais en même temps, un espoir de solution à mes yeux.

Et donc nous voilà, en mars 2018 à voir Docteur D. Elle consulte les résultats du spermogramme et n’a pas l’air si rassurée que l’urologue initiale. Selon elle, les résultats ne sont pas bons. Et donc commence à ce moment-là, toute la batterie d’examens. Elle nous explique inséminations et fécondations in vitro. Et pense déjà qu’on sera plutôt en FIV. On rentre chez nous, on est dépités car on se rend compte que ça sera un parcours pas facile. Mais je garde mon optimisme inconditionnel et donc je me dis qu’en quelques mois, paf, je vais me retrouver enceinte. Plus j’y pense plus je me demande si ce n’est pas plutôt de la naïveté que de l’optimisme. Bref, on passe tous les examens. Mon mari n’est pas à l’aise de refaire un spermogramme ni de voir l’urologue de notre centre de PMA. Surtout que celui-ci est assez formel et indique que les résultats sont mauvais et les chances d’une grossesse naturelle extrêmement faible. Mon mari avait subi une opération à un testicule étant petit qui a eu des conséquences sur un des canaux transportant les petits spermatozoïdes. Au moins, on a une explication. Mais elle fait mal à mon mari. Il ressent énormément de culpabilité et ne le vit pas bien. De mon côté, j’ai de la peine pour lui qu’il ressente cela. Car je ne lui en veux pas du tout bien entendu. Il n’en peut rien. Et surtout, sans lui, je ne saurais pas avoir d’enfant de toute façon. Il faut être 2 et donc j’essaye de le rassurer en disant que jamais nous n’expliquerons la « source du problème » et que nous nous présenterons à 2 comme ayant des soucis et pas comme si ça venait de lui. 

De mon côté, je me sens soulagée qu’on ait une explication et surtout une solution. Au final, je nous considère très souvent chanceux : on a de la chance d’être dans un pays (la Belgique) où la PMA est autorisée mais également très bien développée. On a la chance d’être à la bonne époque où ces solutions existent. On a la chance d’avoir une sécurité sociale qui rend les traitements abordables. Bref, on a une chance de pouvoir être parents. Certes, pas comme la majorité des couples, pas si facilement, pas de manière naturelle…Mais dans quel but voulons-nous un enfant ? Par pour la façon dont on va le concevoir…Mais pour le bonheur de lui faire découvrir la vie. Et donc, nous emprunterons le chemin qu’il faudra.

Au bout des 6 mois d’examens, d’attente de conventions, etc, nous démarrons le premier protocole de FIV en septembre 2018 (1 un après notre mariage). C’est à la fois du stress, de l’impatience et de la joie de pouvoir commencer. Dès ce moment-là, je prends le parti d’arrêter l’alcool. Et petit à petit, je change mes habitudes vers des produits bios pour l’alimentation et vers des produits naturels pour les cosmétiques et produits d’entretien. 

On commence le premier protocole. Lorsque la gynécologue me parle des piqûres et me demande si je les ferai moi-même, je lui réponds sûre de moi que ce ne sera pas le cas. Je suis une trouillarde du milieu médical, les prises de sang sont déjà suffisantes, je serai incapable de me piquer ! Et mon mari n’ose pas non plus. J’ai une copine sage-femme, elle est d’accord de me les faire. Ouf, une solution trouvée.

Puis quand arrive le moment de les démarrer, cette copine m’annonce qu’elle sera en vacances pour les dernières et je comprends que ça sera très contraignant aussi qu’elle vienne matin et soir chez nous…Du coup, j’essaye de réfléchir à si je suis capable de le faire. Vu les nombreux témoignages, je me dis que je peux peut-être y arriver comme beaucoup d’autres. Le soir de la toute première piqûre, je regarde à nouveau le tutoriel youtbue. Je prépare tout. Et je me retrouve avec la piqure en main, l’aiguille à quelques centimètres de mon ventre. Et là, c’est la catastrophe. Impossible d’y aller. Impossible d’imaginer cette aiguille transpercer ma chair. Impossible d’avancer ma main. Impossible de retenir mes larmes. Mon mari ne sait pas quoi faire pour m’aider. Il est désemparé, il m’encourage, met de la musique calme,…En plus, on doit partir car on est attendus à une dégustation de vin (ça va être super vu que je ne bois plus…). Finalement, après de longues minutes et des pleurs, j’y arrive ! Je me suis piquée ! Puis là, je pense avoir mal fait quelque chose avec le « bic » du puregon et je l’enlève. Mon mari me demande ce que je fais…Je dis que je pense m’être trompée. Il me dit « mais non, c’était ce qu’il fallait faire ». Bref, je n’ai pas inséré toute la dose et me voilà bonne à devoir piquer une 2ème fois…Quelle nouille j’ai fait ! On recommence le même cinéma mais dans une version un peu moins dramatique comme je me suis rendue compte que la douleur était quand même limitée.

Pendant toute cette période de stimulation, mon mari a également fait fortement attention à sa consommation d’alcool afin d’assurer une production de top qualité.

Lorsque la stimulation est terminée et qu’on passe à la ponction, j’angoisse fortement. Je n’ai jamais été opérée, je n’ai jamais passé une journée à l’hôpital et cela me fait peur d’aller au bloc. J’en fais des cauchemars. Comme toujours, mon mari est présent et rassurant. Et il est triste que je subisse tout et lui quasi rien en comparaison. La ponction se fait sous sédation avec une anesthésie locale. Lorsque je suis dans la petite salle d’attente à l’entrée du bloc, que j’attends que les infirmières viennent me chercher, le temps ne passe pas. Et cette solitude à ce moment m’angoisse énormément. Je pleure et je tremble de peur. Lorsque les infirmières viennent me chercher, elles se rendent compte que je suis vraiment stressée et elles sont très gentilles avec moi. Elles me rassurent. L’anesthésiste est également très bienveillant et restera tout le long à mes côtés à me rassurer. L’effet de la sédation aide enfin mes membres à arrêter de trembler. C’est plus pratique pour l’intervention bien entendu. Je trouve la sédation très confortable. Le stress et la peur sont partis mais je suis tout à fait consciente de ce qui se passe. J’entends le gynécologue compter chaque follicule prélevé et transmis au biologiste. Lorsqu’on arrive à 11, il me dit «  de quoi faire une équipe de foot ». C’est un souvenir qui restera marqué en moi cette petite blague. Au final, on se retrouve avec 13 follicules dont 11 bons. 8 sont mis en fécondation. Et au final, 3 embryons sont obtenus. C’est notre première fois, nous n’avons aucune idée de si c’est bien ou pas. Mais nous sommes contents d’avoir 3 chances. 

En salle de réveil, je somnole un peu mais quand je me sens plus réveillée, je pleure à nouveau. Je veux retrouver mon mari.

Arrive le premier transfert. Un J3 (pour les non-initiés, un embryon de 3 jours). Quel moment émouvant de se sentir enceinte l’espace de quelques secondes. C’est le monde de tous les possibles. Les 2 semaines d’attente sont longues et je ne suis pas optimiste pour une fois. Je sens que ce petit bébé n’a pas décidé de s’accrocher. A la prise de sang, l’infirmière m’annonce un taux de 15. « Il ne faut pas avoir d’espoir madame. Il s’est passé quelque chose mais pas ce n’est pas évolutif. Venez quand même contrôler dans 3 jours ». Paf, la nouvelle qui bouscule. Qui dégoute. Qui fait pleurer. Qui donne la rage. On est au travail avec mon mari, je pleure tout l’après-midi en essayant de me cacher. Je ne serai jamais plus au travail pour une telle annonce. C’est insupportable !

La prise de sang de contrôle confirme que c’était une grossesse biochimique. Un échec…de la peine, de la tristesse…Le seul espoir : le TEC sur le prochain cycle ! C’est donc plein de tristesse que notre premier embryon est perdu. Je ne sais pas comment j’y arrive, mais la perspective du futur me réjouit. Il nous reste 2 chances et ça ira mieux ! Je suis donc optimiste pour la suite. Recommencer directement sur le cycle suivant me permet de me projeter rapidement dans le futur étant donné que les RDV d’écho et de prises de sang s’enchainent à nouveau pour détecter quand faire le transfert.

Le 5 novembre 2018, le transfert a lieu. Le gynécologue nous dit qu’il est de très bonne qualité, on voit notre tout minuscule bébé sur l’échographie. On sort de l’hôpital et je suis un peu enceinte. Mon mari embrasse mon ventre. On est partis pour les 11 jours d’attente. 11 jours, ce n’est rien et en même temps, c’est tout. Ces 11 jours rassemblent de la peur, de l’angoisse, de l’espoir, des projections. Des hauts et des bas. Ils passent lentement. Sur la fin, j’ai un pressentiment positif. J’ai l’impression que notre bébé s’accroche. Je n’en dis mot. Je ne veux pas créer un espoir inutile chez mon mari. Puis je pense que c’est mon optimisme qui me joue des tours. Vient le jour de la prise de sang, mon mari m’accompagne. Appris de nos « erreurs », on travaille tous les 2 de la maison ce jour-là. Autant dire que ma concentration n’est pas au top. Je fais de mon mieux mais j’attends cet appel plus que tout. Sur ma pause de midi, je décide de laver la porte-fenêtre du salon afin d’occuper mon corps ! Et c’est à ce moment-là que mon téléphone sonne. C’est à ce moment-là que dès le « allo » de l’infirmière, je perçois la bonne nouvelle ! Ca a marché, je suis enceinte ! Je pleure et je la remercie un nombre infini de fois. Ce rêve grandit en moi. Je suis enceinte, on va avoir un bébé. Je vais donner la vie. Je vais avoir un ventre tout rond. Je vais l’aimer plus que tout ce bébé. Mon mari n’a rien perdu du coup de téléphone et comprend directement. Nous pleurons dans les bras l’un de l’autre. Quel bonheur.

Le soir-même, il allait à un concert et moi je passais la soirée à la maison avec mon filleul. Mon filleul au lit, je ressors un sac rempli de choses achetées il y a 3 ans maintenant. Lors de l’arrêt de la pilule, quand je pensais tomber enceinte au premier coup, j’avais déjà prévu plein de choses pour annoncer la grossesse à mon mari. Je n’ai jamais eu la chance de les lui offrir et donc je ressors toutes ces choses et j’en confectionne un beau panier. Je suis si heureuse de pouvoir enfin lui faire cette surprise. Lorsqu’il rentre le soir, il se demande comment j’ai pu préparer tout cela en une soirée. Je lui explique que tout est prêt depuis 3 ans. C’était censé être donné en surprise pour annoncer la grossesse, ici c’est en cadeau post annonce. J’avais eu du mal à accepter que l’annonce de la grossesse ne serait plus jamais vraiment une surprise pour lui. Il saurait inévitablement quel jour je ferais la prise de sang…

Les jours et les semaines passent, les nausées s’installent, les douleurs à la poitrine, l’envie de ne rien manger, la fatigue…Et j’en suis tellement heureuse. Je rêvais de me sentir enceinte ! Le 4 décembre, nous faisons la première échographie et nous entendons les battements de cœur de notre tout petit être. On en pleure. Quelle joie. Quel espoir. Ce rêve se réalise. 

On a pris le parti de déjà annoncer la grossesse à notre famille proche ainsi qu’aux amis les plus proches. Tous étaient au courant du parcours donc ils sont impatients de connaître les résultats. On vit notre bonheur et je me sens différente. Au travail, rien ne m’ennuie : j’ai mon bébé. Toutes mes pensées sont en permanence vers ce petit miracle.

Puis vient la deuxième échographie, celle avec ma gynécologue « généraliste ». Nous ne devons plus être suivis par celle d’infertilité. On est le 24 décembre, ça va être génial de montrer l’écho numéro 2 à la famille à Noel. La gynécologue demande comment on a vécu le parcours PMA jusque-là et on lui dit que finalement, on a eu de la chance car ça a été assez vite et c’était plutôt « facile » comme je suis tombée enceinte au TEC 1. Elle me dit de m’installer pour l’écho. On est tellement impatients de revoir bébé. Mon mari avait un peu des craintes comme c’est un grand stressé en permanence mais je le rassure : je n’ai eu aucune douleur, aucune perte de sang et tous les symptômes de grossesse s’intensifient. C’est d’office bon signe.

Sauf que non en fait…La gynécologue semble « chercher » le bébé en moi…Ca me parait bizarre de ne pas le trouver si facilement. Elle est très concentrée. Puis elle nous informe que « le cœur de votre bébé s’est arrêté ». Je ne comprends pas. Il a fait une petite pause et les battements vont reprendre ? Que veut-elle dire ? Je lui demande « c’est fini ? ». Elle me dit que oui, elle est douce. Je pleure. Je pleure beaucoup. Mon mari est au milieu de la salle, prêt à tomber dans les pommes. Il s’assoit. Notre monde vient de s’écrouler en une seconde. Alors que la sonde d’échographie est toujours en moi, que la gynécologue me rassure comme elle peut, les larmes coulent. Quelle situation indélicate. Je demande s’il n’y a vraiment plus d’espoir. Elle ne pense pas. Selon la taille, elle pense que le cœur s’est déjà arrêté il y a 3 semaines environ (juste après la première écho probablement). Comment mon corps a-t-il pu me cacher cela ? Et laisser l’espoir grandir en moi autant de temps ? Comment ai-je pu porter un petit bébé mort 3 semaines durant ?

La gynécologue dit qu’on doit faire un contrôle d’ici quelques jours. Ceci dit, notre gyné d’infertilité est dans le bâtiment. Elle va la voir. Et elle, elle nous indique d’aller aux urgences du centre de PMA, d’appeler en rentrant. J’appelle le secrétariat, je suis en larmes. Je suis perdue. Le secrétariat est au courant, la gyné a déjà prévenu. Ils nous disent d’y aller directement. On est reçus par un gynécologue de la PMA assez rapidement. Il confirme le diagnostic. Bébé ne vit plus. Mais le sac embryonnaire a continué de grandir. J’ai 2 options : le curetage ou les médicaments comme rien ne s’est produit naturellement. Je ne sais même pas comment on choisit cela. Le médecin m’indique qu’à ma place, il opterait pour le curetage. Vu notre parcours, ça sera un peu plus « confortable ». Le sac est déjà fort grand et sera difficile et douloureux à évacuer. Si c’était sa femme, c’est ce qu’il conseillerait. Je suis son conseil, qui était également celui de ma gynécologue. Il nous accompagne au secrétariat pour prévoir l’opération. C’est difficile de planifier le tout : on est en plein dans Noël, beaucoup de congés, service au ralenti…La dame n’obtient pas facilement les renseignements. Ce sera pour le 26 décembre. Anesthésie générale et hospitalisation de jour.

On m’envoie aussi faire une prise de sang, je suis au milieu des femmes enceintes et des poussettes. La douleur est intense et les larmes coulent toujours. Quel triste Noël en perspective.

On ne peut pas annoncer cela à l’apéro de Noël. On appelle donc mes parents avec qui nous passions le réveillon ainsi que ma sœur. J’ai mon papa au téléphone. Maman est chez le coiffeur. Il pleure. Il ne comprend pas. On est tous tellement tristes. Ma sœur pleure, mon beau-frère pleure. Noël va être gâché. Ce jour qui devait être heureux et en famille. Non ce sera avec quelqu’un un moins. Enfin, mon bébé est encore en moi. Mort mais il est là. Alors je caresse souvent mon ventre. Je lui dis au revoir. Et ça me fait mal ! Mal comme jamais !

Il m’aura fallu 5 mois pour accepter cette fausse-couche. Et je me sentais réellement incomprise. Personne ne pouvait imaginer l’effet de cette perte sur moi. Il ne se passe pas une journée sans que je pense à ma petite fille. Car après, nous avons su que c’était une petite fille. C’est ce que je ressentais en plus lorsqu’elle était dans mon ventre. 

Lorsque l’opération a eu lieu, j’ai beaucoup pleuré mais j’ai également eu le sentiment constant qu’on m’avait volé mon bébé. Je n’acceptais pas qu’on me l’ait repris. J’ai vu une kinésiologue après quelques mois, nous n’avons fait que parler. Elle m’a indiqué que je devais imaginer que chaque être fait ses propres choix aussi petit soit-il. Je devais accepter que ce tout tout petit bébé avait décidé de ne pas poursuivre sa vie en moi. Elle m’a également conseillé d’écrire une lettre à ce bébé. J’ai remercié ma petite fille de m’avoir fait gouter aux premiers bonheurs de la maternité, à la grossesse, à l’espoir. Je lui ai également donné un prénom. C’est notre secret à elle et moi. Ce prénom m’est apparu un jour comme une évidence. Ma petite fille me manque et les larmes me mouillent souvent les yeux lorsque j’y pense, lorsque j’en parle. De tout le parcours PMA, la fausse-couche est la partie la plus douloureuse. La plus insurmontable pour moi. 

Bien sûr, malgré cette douleur, la vie a continué. Notre entourage a continué à donné la vie alors que je moi j’avais mis fin à celle de quelqu’un d’autre. J’étais jalouse de voir ces gens heureux et n’avoir pas autant de difficultés que nous. D’ailleurs, je peux l’écrire au présent. Je le suis toujours. Pourquoi devons-nous souffrir autant ? La PMA, c’est pas déjà suffisant ? On ne pourrait pas un peu répartir ? La PMA pour certains mais alors les fausses-couches pour d’autres ?

Après la fausse-couche, il y a un suivi gynécologique pour assurer du bon rétablissement du corps. Les prises de sang n’indiquaient pas une chute d’hormones suffisante. Les échographies montraient des « débris » comme la gynécologue appelait les restes de mon bébé et de son nid. Alors, elle m’a fait prendre du cytotec pour éliminer. Il ne s’est strictement rien passé. Pas de douleur, pas de perte. Elle a alors décidé d’attendre mes règles afin de voir si elles emporteraient tout sur leur passage. Ce ne fut pas le cas. Il ne restait qu’une solution : l’hystéroscopie opératoire. Je retourne donc en hôpital de jour pour une anesthésie générale et qu’on vienne enlever tout le « matériel » restant. Cela a lieu le 7 février. J’ai vécu janvier à nouveau dans les hôpitaux pour vérifier l’état de mon utérus. En février, après l’opération, il n’est pas possible d’avoir de TEC. Mon utérus et mon cycle doivent récupérer. En même temps, mon moral n’est pas bon. Vivre encore quelques semaines avec des morceaux de ma grossesse ne m’aidait pas à aller de l’avant.

Tout à la fin du mois de mars, on réalise un TEC. L’embryon est de qualité moyenne. Je pense aussi que je ne suis pas de top qualité à cette époque. Je n’aurai compris que plus tard que je n’avais toujours pas accepté la fausse-couche et donc toujours pas fait de la place pour un autre bébé en moi. Ce TEC n’a donc pas fonctionné. Je le sentais durant la période d’attente. Ca voulait dire que nous avions utilisé tous nos embryons. On était repartis pour un tour. On allait démarrer la FIV 2…Coup de massue. On doit revivre tout le calvaire des 7 derniers mois (enfin, pas la fausse-couche nécessairement). 

C’est à ce moment-là que j’ai vu la kinésiologue mentionnée un peu plus tôt. C’est elle qui m’a dit que tant que je n’accepterais pas, je ne pourrais pas retomber enceinte. Je dois être prête à laisser la place à un autre bébé. Et pour cela, je dois accepter ma peine et ma tristesse. Je dois accepter de pleurer car elles sont toujours trop présentes en moi. Et donc, je me laisse à nouveau pleurer et être triste. Super, on est repartis pour un tour de mélancolie à la maison. Mon mari subit toutes ces humeurs, toutes ces émotions, mes chutes d’hormones. 

Quand la kinésiologue me dit que je dois avoir accepté avant de recommencer, je me demande comment je saurai que j’ai accepté. Ne me demandez pas comment mais j’ai effectivement senti, au bout de plusieurs jours et semaines, que j’acceptais. J’étais triste d’avoir perdu ce bébé. Mais j’acceptais qu’il ait décidé de ne pas prendre le chemin de la vie. J’ai eu un déclic. Et nous avons commencé la FIV 2 en mai. Rebelotte les injections, rebelotte les calculs d’agenda et de synchronisation avec le boulot. Rebelotte la ponction. Mais cette fois, c’est mon 3ème passage au bloc. On commence à s’y habituer. C’est bien bien triste mais je ne pleure plus comme la première fois. Ni comme la fois du curetage.

Cette fois, on a moins de follicules donc la stimulation a été stressante. Aurai-je assez d’embryons ? On sait à quoi s’attendre en termes de nombre, on a un point de repère et donc c’est source de stress. On se demande si on fera mieux ou moins bien…Et comme c’est la PMA : ce sont de nouveau les montagnes russes. A la sortie du bloc, on m’annonce 8 follicules ! Ouille, moins que la première fois.

Le lendemain, le biologiste annonce 4 ovocytes fécondés, on va avoir 4 embryons ! Je lui demande si c’est sûr qu’on en aura 4. Il me dit que oui ! Quelle fête dans nos têtes ! Une chance de plus que la première fois. On fait un transfert à J3. Et là, la biologiste indique qu’ils vont garder les autres jusque J5. On a un risque d’en perdre encore d’ici-là. « Mais on nous en avait promis 4 ! ». C’est la déception. C’est l’inquiétude jusque J5. Vont-ils tous tenir ? La biologiste est confiante pour 2 sur les 3 restants…Et en effet, en J5, un n’a pas survécu. On est un peu tristes mais on a le même nombre que la première fois, c’est déjà ça. Et ici, ce sont des J5 donc peut-être plus résistants ? On verra bien en temps voulu.

On vit les 2 semaines d’attente dans un stress infini. Je passe par de très gros hauts et bas. Pire que les autres fois. En fait, plus les jours passent, plus je me sens confiante. Je voulais le garder pour moi pour ne pas créer des attentes chez mon mari. Mais quand il me pose la question de comment je le sens, je ne peux pas m’empêcher de lui dire que j’ai un bon pressentiment. Mais en fait, en lui disant cela, je suis envahie d’un stress immense. Et s’il se réjouit pour rien ? Et si je me trompe ? Et si c’est juste encore mon foutu optimisme ? Toutes ces questions font que le lendemain, je suis sûre que je me suis trompée. Je crois que je préfère ménager nos attentes et enlever l’espoir chez nous 2. Du coup, je passe de « j’y crois » à « j’y crois plus ». Je suis infernale à vivre. Vient enfin le jour de la prise de sang. Je dois aller au bureau la matinée mais je travaille de la maison l’après-midi car je ne veux pas avoir cet appel au bureau.

Je reprends la voiture en direction de la maison quand l’infirmière m’appelle. A sa voix, l’intonation est positive. Je suis enceinte ! Oh quelle joie. Je pleure, je pleure, je pleure de joie. Je porte la vie de notre 2ème bébé ! J’arrive à la maison en larmes, mon mari me voit et a peur. Mais ce sont des larmes de joie ! Je lui annonce la bonne nouvelle et le voilà de nouveau heureux ! Bien entendu, après une fausse-couche, nous avons peur. Nous savons que rien n’est gagné. Au fil des jours, les premiers signes de grossesse apparaissent. Et quel bonheur d’imaginer cette toute petite vie en moi. Mon mari parle à mon ventre tous les soirs. Il encourage notre bébé de s’accrocher à la vie.

Puis vient la première écho. On a peur car on sait que tout ne se passe pas toujours bien. La gynécologue ne voit pas encore les battements de cœur ; notre bébé est trop petit. Mais c’est peut-être juste qu’on est trop tôt…Elle nous dit de revenir dans 4 jours voir s’il a grandi et si les battements sont visibles. Selon elle, on a 50% de chances qu’il se développe mais aussi 50% de risques d’une deuxième fausse-couche. Un retard de croissance n’est jamais bon signe. On est dévastés. Comment pourrait-on encore avoir de la malchance ? On ne va quand même pas perdre un 2ème bébé ? Bref, on est hyper tristes. Et du coup, très prudents. Pour moi, c’est fini, je suis sûre que ça n’ira pas. Mon mari me rebooste. Il me dit que le bébé doit sentir que j’y crois encore. Qu’il a besoin de mon soutien. Alors, le lendemain, j’essaye de me reprendre. Ce sont des jours difficiles. L’attente est stressante.

Pour notre RDV de contrôle, c’est la collègue de ma gynécologue car cette dernière est en congé. On attend longtemps dans la salle d’attente. Le retard me rend nerveuse. Je suis trop en panique. On la voit sortir de son bureau mais elle ne s’occupe pas de nous. Je fonds en larmes. Comment peut-on me laisser patienter avec cette crainte immense ? Mon mari ne sait que faire. Aller demander à l’accueil ? Comment me rassurer ? Je suis au bord de la crise de nerfs. Je ne me contrôle plus.

Finalement, elle nous reçoit et m’ausculte rapidement. Elle voit les battements du cœur de notre bébé. Il grandit ! C’est une victoire ! On a un petit battant !!! Quel soulagement ! Je pleure, pour changer. Mais elle reste prudente. Elle nous dit qu’il y a un risque. Donc elle veut nous revoir une semaine plus tard pour s’assurer de la bonne évolution. Vu qu’il s’est bien développé, même s’il a toujours ce retard de croissance, j’ai retrouvé la confiance. Il n’aurait pas grandi et n’aurait pas développé son petit cœur pour rien. Donc ça va aller. Ce sera notre bébé de la St Valentin. Je vis cette semaine-là plus sereinement. On sait que les risques de le perdre sont encore grands mais je suis optimiste. La semaine se passe, on effectue la visite de contrôle. Et là, c’est le 2ème drame. Notre monde s’écroule pour la 2ème fois. Les battements de cœur de ce bébé se sont également arrêtés. C’est une deuxième fausse-Couche. C’est une deuxième tristesse. Une nouvelles fois, on n’a pas de chance. Je suis super triste. La gynécologue conseille d’attendre une semaine pour voir si la perte du bébé s’effectue naturellement. Elle me met en maladie 3 semaines. Je travaille à une heure de train de mon domicile. Elle ne veut pas que je vive cela au bureau et que je sois obligée de supporter tout cela dans le train. Je lui dis que je ne peux pas prendre congé, j’ai peur d’abandonner mon équipe en plein pendant les congés. Elle me demande si je me vois perdre mon bébé au travail, attendre le train, perdre tout ce sang ailleurs que chez moi…En effet, je ne veux pas vivre cela. Donc je prends les 3 semaines. Et s’il est parti avant, je recommencerai plus tôt.

Je vais rentrer chez moi, je vais porter mon bébé mort. Une deuxième fois. On est peu confiants que tout se passe naturellement avec mon mari. Et on a raison, les jours passent et la seule chose qui m’arrive, c’est de subir les nausées matinales, la fatigue, les douleurs à la poitrine,…Bref, j’ai toujours les symptômes de la femme enceinte. Mais je suis enceinte d’un bébé sans vie. Comme la première fois. On annonce à nos familles cette 2ème fausse-couche. J’étais à 8 semaines. Au téléphone, ma belle-mère, atteinte d’un cancer incurable, annonce à mon mari qu’elle vit ses derniers jours. Nous ne savons pas comment nous allons garder pied pour survivre à ces 2 drames. Je n’arrive pas à annoncer à mes parents cette 2ème fausse-couche. Ma sœur le fait pour moi. Je me sens trop coupable d’amener autant de peine dans le cœur de mes proches. Au travail, j’explique à mon équipe la raison de mon « congé » pour qu’elles sachent que ce n’est pas un burnout. Elles sont hyper empathiques et gentilles. Le lendemain, elles me font envoyer des fleurs. Comme ma meilleure amie.

On vit des journées atroces : au chevet de ma belle-mère qui souffre et à qui nous devons dire au-revoir. Et en même temps, on craint cette fausse-couche qui tombe à un mauvais moment.

Au bout d’une semaine, au contrôle par écho, la gyné me prescrit du cytotec (Un médicament qui a pour but de générer des contractions pour expulser le bébé). Je le prends et le soir-même, je recueille mon bébé, dans son sac, dans mes mains. Il était tout tout petit. Mais je l’aivu « en vrai ». Ce fut très dur de le réceptionner mais j’avais besoin de le voir, de lui dire au-revoir, de sentir qu’il m’avait quitté. Ca me permettait de ne pas penser qu’on me l’avait volé comme le premier. Tout cela s’est passé chez ma belle-mère. Tous les proches étaient présents pour lui dire au-revoir à elle. Et moi, je perdais en même temps mon bébé dans une toilette, la douleur était atroce et les pertes de sang abondantes. Une des pires soirées de ma vie. C’était un lundi. On est rentrés chez nous. Mon mari est allé courir pour s’aérer l’esprit. Il ne voulait pas me laisser seule mais je lui ai dit d’y aller. Il disait au-revoir à son bébé et à sa maman en même temps. Il devait penser un peu à lui plutôt qu’à moi. Mais lorsqu’il est parti, j’ai été prise de contractions tellement douloureuses que j’ai pleuré et crié seule dans mon lit. J’ai eu envie de vomir. Je vivais l’enfer.

Le lendemain, ma belle-mère allait recevoir de la morphine afin de s’endormir progressivement. Ce fut notre dernière journée à ses côtés. Et ce fut terrible de la voir souffrir autant et en même temps de savoir qu’elle ne serait plus du tout là quelques heures plus tard. Mon mari était bien sûr en maladie aussi suite à cela. Quand j’y pense, je ne sais toujours pas comment nous avons passé cela. Les séquelles sont toujours là mais comment a-t-on pu avancer ? L’humain a des ressources cachées et insoupçonnées. 

Nous avons dormi du mardi au mercredi chez mes beaux-parents afin de ne pas laisser mon beau-père seul avec son épouse qui allait tomber dans le coma. De mon côté, j’avais encore fort mal au ventre. Et nous n’avons quasi pas dormi tellement ma belle-mère souffrait. Elle est tombée dans le coma dans le courant de la nuit. Le lendemain matin, à 9h30, nous avions RDV à l’hôpital pour vérifier les résultats du cytotec. Chacun à notre tour, nous sommes allés dire « à tantôt » à ma belle-mère, lui expliquer qu’on allait à l’hôpital et qu’on revenait rapidement. 

A l’écho, il est apparu que le sac embryonnaire avait disparu. Mais il restait du placenta. Je devais reprendre du cytotec. Ce truc qui m’avait fait hurler de douleurs. On est partis dur RDV déçus que la fausse-couche ne soit pas encore éliminée. Mais on s’y attendait. C’est le fil rouge de notre parcours : « pas de chance ». Sur le chemin du retour de l’hôpital, nous nous dirigeons vers chez mes beaux-parents et là, on reçoit l’appel que c’est fini. Ma belle-mère avait choisi de partir lorsque son fils ne verrait pas ses derniers souffles. Notre tristesse monte d’un cran. Je ne vais pas m’étendre sur cette partie de nos émotions qui bien sûr sont douloureuses. Nous organisons les funérailles. On nous propose le jour de l’anniversaire de mon mari. Euh, c’est déjà assez douloureux donc si ça pouvait être une autre date…Puis, viennent les visites au funérarium. On est debout pour cela. Mais en fait, je réalise vite qu’être debout me tiraille le ventre. J’ai vraiment très mal. Mais je mords sur ma chique comme on dit. Parfois, je m’assieds pour me soulager. Cependant, quand on rentre le soir et qu’on se met au lit, des contractions surviennent à nouveau. Surement l’effet du cytotec « épisode 2 ». Je ne peux pas me coucher. C’est trop douloureux. Je pleure. Mon mari, à nouveau, ne sait pas quoi faire. Le pauvre, il se retrouve tout le temps dans des situations pénibles avec moi. Le vendredi matin, on a également appris que le cyotec 2 n’avait pas eu l’effet escompté et qu’il n’a pas évacué les restes. Ce sera donc une autre opération. Ah ben oui, on prend les mêmes et on recommence. Il ne manquait plus que ça. On va donc avoir droit à l’anniversaire de mon mari, suivi le lendemain des funérailles de sa maman, suivies le lendemain de mon hystéroscopie opératoire. Re bonjour l’anesthésie générale. 3 anesthésies générales en 6 mois…

Bref, on vit l’enfer en fait. Et on ne sait pas quand il va s’arrêter.

En août, on espère enfin aller vers des jours plus doux. Nos vacances approchent et on a choisi du soleil et du repos. Nos batteries sont à plat et on en a grandement besoin. Mais vu que nous n’avons jamais de chances, c’est à ce moment-là qu’on passe par le passage de ma maman dans le coma pendant 6 jours aux soins intensifs…J’ai littéralement cru qu’une force supérieure cherchait à m’achever. Mais apparemment je suis plus forte que ça. Je me suis battue et je suis encore là. Je perds des plumes dans ces batailles contre la vie. Elles me transforment petit à petit. Je souffre et je fais parfois souffrir les autres. 

Pour la suite et un nouveau protocole ? Et bien attendons que le mental se refasse ! Car là, je ne saurais pas gérer cela. Et de toute façon, j’ai eu droit aussi à un kyste aux ovaires en août. Ca faisait fort mal mais je pensais que mon corps se remettait en place après les joies du mois de juillet. Et non, à l’écho de contrôle du mois d’août, un beau kyste de 5 centimètres est apparu. Je comprends mieux que je sentais quelque chose de gonflé en moi…

Septembre s’est passé sous le signe de la tristesse. Je vivais le contre-coup de l’été. Je n’arrivais pas à être positive. La tristesse l’emportait en permanence. Du coup, on a décidé que le prochain transfert d’embryon serait pour octobre. Lorsque mon esprit serait en meilleur état. En septembre, j’ai commencé le yoga, j’ai démarré des séances avec une psychologue, j’ai fait des exercices d’écriture, j’ai repris RDV avec l’acupuncture. Bref, j’ai essayé de mettre plein de choses en place pour aller mieux.

Petit à petit, j’ai senti de la joie revenir en moi et je me sentais plus légère. J’ai commencé à reprendre confiance dans le prochain TEC. Puis en octobre, j’allais mieux car cette perspective du transfert me rendait espoir. J’étais tellement contente le jour où j’ai vu mes règles arriver, signe qu’on redémarrait. 

Bien sûr, la contrainte des rendez-vous m’a encore semblé difficile à gérer avec le boulot. Et le stress de l’échec a refait surface. Je ne peux pas dire que j’étais sereine mais au moins, j’étais réjouie. J’ai enchainé mes 3 premiers RDV d’écho et prise de sang pour planifier le TEC. Puis, là, au 3ème, la gynécologue m’a dit que mon endomètre était mauvais. C’était la première fois que ça m’arrivait. Elle m’a dit que si je n’avais pas encore ovulé, il allait peut-être encore évoluer. Mais j’avais l’impression d’avoir ovulé la veille. On le saurait avec les résultats de la prise de sang…

L’après-midi, appel de l’infirmière : j’étais en train d’ovuler et mon endomètre trop fin n’était pas favorable à un transfert. On annulait donc pour ce cycle…J’ai failli pleurer au téléphone. Une fois de plus, ma source de réjouissances vole en éclats. Toutes mes projections tombent encore à l’eau. Je raccroche et je pleure. Par chance, je tombe sur cette collègue qui est une de mes meilleures amies et qui me réconforte. 

Nous voilà donc dans l’attente d’un prochain transfert. Le cycle prochain, je devrai probablement prendre un médicament pour aider l’endomètre à s’épaissir…J’en saurai plus en revoyant ma gynécologue. Ce parcours est une longue succession de rebondissements dont je me passerais bien. Je suis épuisée de toutes ces déceptions. Et je me pose beaucoup de questions : cet endomètre trop fin, est-ce encore « pas de chance » ou est-ce une conséquence d’un curetage et 2 hystéroscopies ? 

Voilà où j’en suis dans ce parcours vers la vie. J’espère que la suite de notre histoire sera plus heureuse et plus légère mais seul l’avenir peut nous répondre…

Julie

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