Mon rapport aux piqûres

Mon rapport aux piqûres est particulier. Je suis phobique des prises de sang. Phobique au point où le personnel hospitalier a déjà du me donner du gaz hilarant pour me calmer. Phobique au point que je préviens à chaque fois que je dois me faire piquer. Phobique au point de pleurer, de refuser de tendre le bras et de serrer le poing. Je suis sûre que je ne suis pas la seule. 

Alors lorsqu’en commençant le parcours de PMA, j’ai pris qu’il fallait se piquer une fois, voire deux fois, par jour pendant au moins dix jours, sans compter les prises de sang, j’étais très loin d’être sereine. 

La première fois, je suis allée voir ma belle-soeur, infirmière de formation, pour qu’elle me montre. J’ai paniqué, je me suis mise à me tortiller sur la chaise en pleurant. Elle m’a expliqué, montré puis m’a piqué. Je n’ai pas eu mal. Tout s’est très bien passé mais je projetais tellement sur cet instant où l’aiguille allait pénétrer mon ventre que j’anticipais une douleur … que je n’ai jamais sentie. 

Le lendemain de cette piqûre, c’était un dimanche, nous sommes partis rejoindre les cousins de mon mari. Nous étions en train de rentrer vers 19h en voiture avec notre fils lorsque nous avons roulé sur un nid de poule et qu’une roue s’est crevée. J’ai appelé un taxi pour rentrer pendant que mon mari attendait la dépanneuse à l’orée du bois de Boulogne (ambiance). Arrivée à la maison, mon fils au lit, il fallait faire la piqure. Mon mari n’était pas prêt de rentrer et j’avais trop peur de dépasser les 30h avec la piqûre de la veille. Je me suis donc piquée toute seule. 

Je m’en souviendrais toute ma vie de ce dimanche soir assise sur mon canapé après un retour turbulent. J’ai pris le Gonal, mis l’aiguille, j’ai senti cette odeur assez forte lorsqu’on retire l’opercule, j’ai dosé comme il fallait et le moment fatidique est arrivé. J’ai pincé la peau, enfoncé l’aiguille, poussé le liquide à l’intérieur, puis, lentement, j’ai relâché la peau en retirant l’aiguille. Rien. Pas de douleur, pas de sang, pas de larmes. 

Juste une immense fierté. Un sentiment d’accomplissement intense. Alors je sais qu’il est possible de prendre une infirmière pour faire les piqûres, qu’un proche ou votre mari peut très bien les faire. Mais depuis que je l’ai fait seule, j’ai continué. Je me suis toujours piqué toute seule. Même lorsque j’étais sensible, même lorsque je ne voulais pas, même lorsque la peur revenait. 

La piqûre est était devenue un symbole de mon combat. Mon désir d’enfant était concret. Non seulement je me sentais forte déjà d’être en PMA mais en plus je me piquais toute seule. J’étais Wonder Woman. 

Aujourd’hui j’ai toujours peur des piqûres, des prises de sang et des perfusions. J’apprends à me calmer, à prendre de grandes respirations, à regarder de l’autre côté et à me dire que c’est pour la bonne cause. Ce que je fais c’est BIEN. Alors je ne dis pas que pour l’hystéroscopie je serai au top mais je me prépare quelques jours en avance, grâce à de la méditation, et à une grosse prise de recul.

N’oubliez jamais, que vous vous piquiez toute seule ou non, vous êtes fortes, vous êtes courageuse, vous êtes des Wonder Women, vous êtes des badass de résilientes !

Et vous, quel est le rapport aux piqûres ? Comment faîtes-vous ?

Bénédicte
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Hélène
Hélène
1 année il y a

Pour la première FIV, j’ai fait appel à une infirmière. Je ne me sentais pas de me faire les piqûres moi-même. Mais j’ai vite trouvé cela contraignant, être à l’heure à la maison pour l’infirmière. Devoir le caler sur ses horaires à elle, et non sur mon organisation à moi. Cela dit j’ai commencé avec le Menopur qui est à préparer (solution dans une seringue + poudre dans une fiole) j’étais ravie que ce soit l’infirmière qui le fasse.
Mais finalement, lors du deuxième traitement j’ai préféré passer en toute autonomie à la piqûre, sans infirmière.
Cela demande parfois de l’organisation (j’ai même acheté une petite glacière électrique), mettre une petite seringue de Fyremadel ou d’Orgalutran dans une jolie pochette dorée pour aller aux toilettes se piquer discrètement lors d’un dîner au restaurant avec des amis.
Je n’ai pas de souci avec les piqûres, sauf quand j’ai été obligée de prendre du Lovenox… après une hyper stimulation (ce qui est cocasse quand on sait que j’ai une faible réserve ovarienne!). Là j’ai eu une overdose de seringues, je pleurais avant de me piquer…
les choses sont revenues dans l’ordre.
Tout est une question de volonté 😉
Nous sommes fortes.
Plein de courage à toutes celles qui traversent ces épreuves, mais aussi à notre entourage !

Hélène
Hélène
11 mois il y a

j’ai eu mon déclic quand des voisins (que je trouve curieux) ont salué l’infirmière… bref, j’avais pas envie que tout le voisinage soit au courant, même si l’infirmière est sensée ne rien divulguer, j’ai préféré garder mon jardin secret.