Se préparer à une insémination

Il n’y a pas de solution, pas de préparation particulière. Chacun gère cet instant d’amour artificiel à sa sauce, comme il peut.

À la première insémination j’ai pleuré en rentrant à la maison. Je me disais « On n’a pas fait l’amour. Si ça marche, on n’aura pas fait l’amour . » Ça m’avait fait un petit choc. En parlant, on me disait qu’il n’y avait pas de différence. Évidemment qu’on avait fait l’amour. Peut-être pas de manière conventionnelle mais il n’y avait pas de doute à avoir.

Etape 1 : s’aimer

Attention, moment cheesy ! C’est peut-être l’étape la plus évidente. Celle qui permet de continuer, de ne pas abandonner le combat. Dîtes-vous « je t’aime » à répétition. Sentez-vous aimé et aimez votre partenaire ou demander une présence, celle d’un-e ami-e si nécessaire. C’est la chose la plus importante. Alors, ok c’est « évident » que vous vous aimez. Mais au milieu des piqûres d’hormones, des prises de sang, des larmes, des moments de doutes, cet amour sera la chose qui vous unira ou qui vous aidera à surmonter tout ça.

Etape 2 : un esprit sain dans un corps sain

On oublie l’alcool, les clopes, le sport à outrance … On trouve un juste équilibre. On ne reste pas assise toute la journée les jambes croisées. On pense à notre corps, comme un sportif de haut niveau. Faire attention à soi, à ce qu’on mange, à la manière dont c’est cuisiné c’est essentiel. L’alimentation est la base de notre hygiène de vie, hors de question de la sous-estimer !

Oui, vous pouvez boire une ou deux coupettes de champagne à l’anniversaire de votre beau-frère mais n’emportez pas la bouteille avec vous.

C’est le moment de lire, d’aller faire une manucure semi permanente, d’aller marcher un après-midi, d’écouter de la musique en regardant la pluie tomber, de travailler sereinement, de boire beaucoup d’eau, de rire, d’inviter les copains à la maison, d’acheter des bières sans alcool, d’acheter des plantes et des pots intelligents si vous n’avez pas la main verte, de rêver sur un décor de folie, de câliner le chat, de jouer avec le chien, de partir en week-end, de se faire inviter à la campagne, de débrancher le dimanche.

Etape 3 : le jour J

Le jour de l’insémination j’étais très émotive. Dès le réveil, j’étais toute tremblante. Pour la première fois, j’avais envie de pleurer tout le long du chemin ce fameux jour.

Pour celles qui passent par là et pour qui c’est la première fois : votre conjoint doit aller au laboratoire faire son prélèvement si c’est une IAC. Puis c’est à vous de venir chercher le petit pot. Vous devez venir avec vos cartes d’identité, surtout ne les oubliez pas et vous avez des décharges à signer. De là, vous allez au cabinet et votre gynécologue fera l’insémination. J’imagine qu’en Centre PMA tout se fait sur place. Ce qui est plus pratique. Personnellement, trimballer le pot magique dans le métro à maintenir au chaud et bien droit a beaucoup rajouter de stress.

Du laboratoire au cabinet de mon gynéco, je voulais pleurer. Mon téléphone n’avait plus de batterie donc personne pour juste lâcher mes larmes. Je suis arrivée là-bas dans un état d’anxiété total. Je suis entrée dans le cabinet du gynéco, je me suis allongée … L’insémination m’a fait mal, pour la première fois, après trois essais. Mon col est mal placé. Ce n’était pas du tout une expérience mystique, loin de là, où on sent que ça peut marcher. Non. Pas du tout. Je me suis mise à pleurer. J’ai craqué. Lorsque j’ai vu à l’échographie les petits bonhommes bien placés, j’ai fondu littéralement en larmes. J’ai demandé à imprimer ce qu’on voyait à l’écho. Comme lorsque vous êtes enceinte et qu’on vous donne les fameuses petites photos. Pareil. Je me suis que si ça ne marche pas, ça me donnera de la force pour la FIV. Si ça marche, j’aurais les traces de ce moment.

N.B : l’insémination n’a pas marché

Etape 4 : gérer l’angoisse

Bon clairement … pas mon fort ! Sentant dès le matin que j’allais passer une journée forte en émotions, j’ai pris des rendez-vous pour prendre soin de moi.

Sur Treatwell, j’ai pris rendez-vous au spa Caudalie aux Abbesses pour un massage de 50 minutes. Le PARADIS. J’avais, le jour de l’insémination, prévu de quoi me détendre, de déconnecter et c’était la meilleure chose à faire ! J’ai passé un moment précieux. La masseuse m’a massé le ventre et c’était magique. Toutes les tensions sont parties, j’étais détendue.

Ensuite, j’ai pris rendez-vous chez le coiffeur sur Balinéa. Un coiffeur à côté de chez moi, deux jours après. J’ai découvert un super endroit et ma coupe est juste parfaite.

Enfin, nous sommes partis à la campagne avec mon mari, notre fils et notre chien chez un ami. C’était un cadre idyllique pour se reposer, sous un cerisier du japon en fleurs, au bord de l’Oise. J’ai passé deux jours comme en vacances. À me promener et profiter du jardin.

Si j’ai mal géré le moment de l’insémination j’ai au moins bien géré les 5 jours qui ont suivis. Et finalement ce n’était pas plus mal. Connaissant mon état d’esprit (et me connaissant un minimum), j’ai compris que l’après était pour moi plus important. Il aura fallu deux inséminations pour le comprendre. J’ai pris soin de moi au lieu de penser pendant 5 jours à l’insémination.

Ça n’existait pas à ce moment-là mais n’hésitez pas à prendre un abonnement à l’espace méditatif proposé par Mon Arbre pour la vie

Etape 5 : l’attente

edit : J’ai écrit cet article en avril 2018 et je décide de ne rien changer ici

L’après est l’étape la plus difficile à gérer. Ces deux semaines d’attente, à attendre le signe d’une éventuelle grossesse. Je suis plutôt pessimiste. Je crois, en mon for intérieur, que cela n’a pas marché. Pourtant, il faut garder une pensée assez positive. Ne pas se faire d’espoir mais ne pas tomber, à l’inverse, dans la certitude que ça n’a pas marché. Comme moi. Je n’ai pas encore les résultats mais je suis quasi sûre que ça n’a pas marché. Or, rien ne me le prouve (on retrouve cette fameuse intuition dont je vous parlais ici). Mon mari me dit simplement de ne m’attendre à rien, d’être dans un état d’équilibre.

Évidemment, j’essaie de ne pas y penser. Mais quand on souhaite un enfant, comment effacer ça de sa tête ? Je me concentre sur mon fils, sur ma vie de famille, sur mes animaux, sur l’écriture. Je trouve un échappatoire et c’est ce que je conseille. Il faut se concentrer sur ces petites choses du quotidien ou sur un projet en cours.

J’aurai le résultat juste avant mes 30 ans. Alors, je vois ça comme un cadeau potentiellement empoisonné. J’espère que la vie m’offrira le plus des cadeaux. En attendant je vis !

Je profite de la routine, de ce qui m’entoure et je prends soin de moi.

Prenez soin de vous,

Bénédicte

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